Archive de l’étiquette ski de rando

Sommet Cabaliros avec Goofy

Ski de rando : Récit d’une journée parfaite

Mois de février dans les Pyrénées : l’hiver est déjà bien entamé et les perturbations s’enchainent. Mais les conditions sont difficiles à cause des nombreux redoux apportant leur lot de pluie jusqu’à 2500m. Pour skier de la bonne neige sans s’exposer il faut donc profiter des courtes fenêtres et quand tous les ingrédients sont réunis, la journée parfaite entre copains a enfin lieu !

« Posez vos RTT »

Des pentes douces, de belles combes et une neige légère

Les modèles météo s’affolent pour la semaine prochaine avec une situation particulièrement propice au piémont pyrénéen : la plus grosse chute de neige de la saison semble pointer le bout de son nez  et le soleil a pris rdv pour les 2 jours suivants. C’est parfait j’ai 2 jours de repos et coup de bol toute l’équipe peut se libérer sur ce créneau de fin de semaine : mon frère Romain, Vincent, Simon et son chien Goofy et moi même.

« C’est un sommet modeste (2334m) du piémont des Hautes Pyrénées qui a l’avantage d’offrir toutes les expositions et souvent du très bon ski par ce genre de conditions. »

5 jours plus tard, le risque d’avalanche est très élevé avec tout ce qui est tombé alors pas question d’aller se frotter aux pentes raides. Après quelques discussions et une petite sortie dans un secteur du Val d’Azun pour tester les conditions, nous décidons d’aller au Cabaliros le lendemain. L’objectif est de monter au sommet par la face Nord-Ouest et si les voyants sont au vert l’idée de faire une première descente sur la pale Ouest et repeauter pour finir par la face Nord Ouest nous trotte tous dans la tête. Rien de compliqué ni technique mais la course est longue en distance et le dénivelé assez conséquent (environ 1700m).

 


Une bonne journée

Départ le vendredi matin, il fait un bon -7°C et le ciel est parfaitement dégagé. Goofy est tout excité à l’idée d’aller rider ! Le début de l’itinéraire se fait sur une longue piste forestière dans un cadre splendide : les sapins croulent sous la neige, à travers les arbres le soleil se lève sur l’impressionnant massif des Gabizos et nous sommes seuls à part un isard qui traverse devant nous.

Au bout d’une demie heure, nous sortons de la forêt et le sommet est en vue. Pour y aller deux options s’offrent à nous : descendre une centaine de mètres et remonter directement dans la face ou faire un grand détour par les larges crêtes et attaquer le sommet par des pentes douces. Nous choisissons la 2ème option ça évitera de trop brasser pour faire la trace.

Le rythme va bon train, Goofy suit la trace de Simon tandis que nous salivons tous devant ces magnifiques combes vierges et cette neige si légère… ça va être bon à descendre ! Malgré l’excitation nous gardons en tête ce risque d’avalanche bien présent et nous nous arrêtons plusieurs fois pour discuter des conditions nivologiques et de l’itinéraire de montée afin s’exposer le moins possible aux pentes suspectes.

Ski Rando Pyrenees Cabaliros noir et blanc

« Malgré l’excitation nous gardons en tête ce risque d’avalanche bien présent… »

3 heures plus tard, nous arrivons sous le sommet où nous passons le dernier ressaut assez raide. Ici la neige est travaillée par le vent les couteaux permettent de mieux accrocher et d’avaler le mur sans trop de difficulté (sauf pour l’un de nous qui s’y fera quelques frayeurs 😉 ). Je suis déjà monté plusieurs fois au Cabaliros mais je ne me lasse jamais de cette vue de fou digne des panoramas des plus hauts sommets pyrénéens. C’est comme être sur un ilot tout plat en plein milieu de la vallée avec pour tableau la mythique face Nord du Vignemale, le Pic d’ Ardiden, le Balaïtous, Gavarnie, le pic du Midi, le massif du pic Long, du Néouvielle etc. Côté plaine, c’est une belle mer de nuages qui apporte sa touche à ce décor parfait.

Le moral est au beau fixe, le saucisson avalé, c’est parti pour la descente de la pale Ouest. Les pentes sont larges et douces, la neige excellente on peut lâcher les chevaux et tailler de belles courbes dans cette face entièrement vierge de toute trace. Une fois n’est pas coutume, nous descendons tous en même temps pour en profiter ensemble. C’est la régalade, la neige vole, les longues courbes s’enchaînent, les sourires sont scotchés… c’est pour ces moment là que j’aime tant le ski de rando !

Romain sort du dernier mur

 

 

Au bout de 600 mètres de descente, nous remettons les peaux pour rejoindre le sommet et redescendre par la face de montée. C’est sous le regard d’un isard que nous entamons cette deuxième ascencion. Les jambes commencent sérieusement à s’alourdir entre la sortie de la veille et les 1200 mètres de ce matin mais c’est sans compter sur notre infatigable dameuse humaine : Simon ! Encore une fois le voilà parti devant à nous faire la trace sur un rythme impossible à suivre. « Il doit pas être foutu comme nous celui-là ! », « mais bo# »*l ! il les a trouvé où ses poumons?! ». Bon on essaye de ne pas râler trop fort car on est quand même bien content qu’il nous fasse la trace le berger !

Retour au sommet pour une bonne pause casse croûte qui recharge nos batteries. Plus bas, la mer de nuages commence à monter alors nous ne traînons pas pour éviter que le brouillard vienne nous gâcher la partie. Les peaux sont dans le sac et c’est parti pour une seconde descente de 1000 mètres que l’on enchaîne les uns après les autres.

Vincent part à la poursuite de Simon pour remonter au sommet

Vincent part à la poursuite de Simon pour remonter au sommet

Le départ est assez raide (environ 40°) puis la pente s’élargit et s’adoucit en offrant des possibilités de lignes infinies. Le terrain de jeu est parfait, imaginez une très large pente avec des combes, des contres pentes, des bosses pour sauter, une vue dégagée sur la plaine et le tout dans une neige légère et froide… En plus rien ne bouge alors les courbes s’enchaînent et la banane reste collée à nos visages, même Goofy s’éclate !

Puis sur la partie basse nous nous faisons rattraper par la mer de nuages qui nous enveloppe et nous laisse ces visions de rêves à de simples souvenirs. Nous finissons la descente dans la purée mais tant pis le match est déjà gagné. Ah non c’est vrai, il faut remettre les peaux sur une centaine de mètres de dénivelé pour rejoindre la piste forestière qui ramène au départ.

16h : « c’était parfait » , « prochaine sortie, tu me prêtes un poumon ou tu portes mon sac », « on va où demain ? », « ils pèsent combien tes skis ? », « une pinte plutôt! »… Nous concluons cette incroyable journée par la traditionnelle bière en terrasse pour nous remémorer cette journée exceptionnelle et discuter de nos prochaines sorties.