Pourquoi le printemps est-il la meilleure période pour le ski de rando ?

Pourquoi le printemps est-il la meilleure période pour le ski de rando ?

Les oiseaux chantent, les jours rallongent, les températures deviennent agréables, la neige remonte sur les sommets et les stations de ski ferment… A cette période, on se met plus à penser au barbecue avec les amis après une journée à la plage qu’à une sortie à ski.

 

Mais c’est une erreur les amis ! En tant que skieurs, n’avez jamais rêvé d’une montée avec la lumière magnifique d’un lever de soleil, un pic nique au sommet pour profiter de la vue et des températures agréables puis descendre sur une moquette 3 étoiles ?!

 

Laissez moi vous donner 5 bonnes raisons de faire du ski de rando au printemps 😉

 

1. Neige assurée en altitude

 

A l’automne, prêt à dégainer le matos au moindre flocon, tous les skieurs s’impatientent et rêvent de sommets enneigés et de courbes dans

Conditions printanières

Beau temps et neige en altitude : des conditions printanières idéales

la poudreuse. Mais ces dernières années, l’automne et le début d’hiver sont marqués par de faibles précipitations dans nos massifs tandis que les printemps sont plutôt favorables au ski.

 

Au printemps les beaux jours reviennent, les températures s’envolent et la limite d’enneigement remonte. Ça dépend évidemment des saisons, mais en altitude les quantités de neige laissent largement de quoi skier parfois même jusqu’au début de l’été dans les Pyrénées ! Le contraste avec le bas des vallées est d’ailleurs saisissant: blanc en haut et vert fluo en bas. Alors certes, l’enneigement skiable se situe souvent au dessus de 2000 mètres ce qui signifie qu’il arrive fréquemment de porter les skis au départ mais en choisissant bien ses sorties, il est rare de toucher les cailloux comme en début voir en plein hiver.Les relevés de haute montagne montrent bien l’évolution des quantités de neige pendant l’hiver. Le maximum est généralement atteint aux mois de février/mars puis décroît lentement à partir de la mi-mars avant de chuter plus rapidement vers la mi avril.

 

Finalement, on est impatients et frustrés de ne pas skier au mois de novembre alors que l’on devrait attendre patiemment que l’hiver s’installe pour de bon et se dire que l’on skiera jusqu’à la fin du printemps !

 

 

2. La moquette St Maclou

 

Que ce soit sur les pistes ou en rando, la poudreuse est la quête suprême de tous les skieurs. Néanmoins qui peut se targuer de skier de la poudreuse bien froide et légère régulièrement ?? En général, les sorties dans une poudreuse parfaite sont plutôt rares et très contraignantes: il faut choisir le bon créneau météo, jouer avec les conditions nivologiques et enfin avoir de bons cuissots pour faire la trace à la montée ! Et puis, c’est quand même souvent que la poudreuse tant convoitée soit tantôt croutée, tantôt humide, tantôt trop dense … bref c’est pas tous les jours le Japon et sa poudreuse de cinéma.

 

Parlons un peu de la moquette* . Pas celle qu’on fume, celle qu’on skie ! Quoi vous en connaissez-une autre ? La moquette, c’est cette neige qui a regelé pendant la nuit puis ramollit légèrement en surface au fur et à mesure qu’elle est inondée de soleil. C’est cette neige lisse si facile à skier qui laisse les carres s’enfoncer sans forcer, c’est celle qui fait un doux bruit de neige douce, humide et légère à la fois, celle qui laisse votre signature sur la pente sans être obligé de forcer le trait… ahhh la moquette !!!

 

Par contre, faîtes attention à ne pas vous faire rouler par la moquette: si vous descendez trop tôt, vous skierez sur du béton tandis que si vous descendez trop tard, c’est de la soupe bien lourde et collante qui vous attendra. Personnellement, je préfère le béton sur les murs et la garbure dans l’assiette 😉

 

Enfin, les jours en neige de printemps sont largement plus nombreux que les jours de poudreuse. Même en plein hiver lorsque les températures se radoucissent légèrement il est facile de trouver de la moquette en versants ensoleillés. Quelque soit la saison, la transformation de la neige se fait avec la course du soleil, transformant en premier les versants Est, puis Sud et enfin Ouest en fin de journée.

 

La moquette, c’est le plaisir assuré ! 🙂

Neige de printemps

Descente 3 étoiles sur la moquette St Maclou

 

* La moquette est le terme pour désigner la neige de printemps

 

3. Des conditions agréables

 

L’hiver c’est bien la neige reste froide, les chutes de neige sont régulières… mais on se les pèle ! Vous aimez faire du ski de rando quand il fait -10° au départ et qu’en haut les rafales de vent atteignent 50 km/h ? Bon oui c’est vrai on aime malgré tout parce qu’on est passionnés mais avouez quand même que des fois ça n’est pas très agréable.

 

Tandis qu’au printemps, quel plaisir de partir à la fraiche le matin et pouvoir pic niquer au sommet en profitant du soleil. Souvent la montée peut se faire sans gants et à peine couvert d’un coupe vent. Quand les températures le permettent, ça n’est pas la peine d’alourdir le sac avec tout un tas d’affaires chaudes. A la limite compensez le gain de place et de poids dans votre sac par une petite bière 😉

 

En revanche, les conditions printanières nécessitent de partir plus tôt que d’habitude pour profiter d’une neige regelée et donc portante à la montée, et descendre pas trop tard avant que la moquette ne se transforme en soupe. De plus, le dégel lié à l’ensoleillement provoque des chutes de pierres dans les secteurs les plus raides et peut entraîner des avalanches de fonte. Alors mieux vaut être rentré avant !

 

Un conseil, n’oubliez pas la crème solaire et emportez une casquette.

 

4. Des risques d’avalanches limités

 

Tout au long de l’hiver, le risque 3 est le plus fréquemment affiché par le Bulletin d’Estimation des Risques d’Avalanches (voir l’article sur le BERA de Météo France). Ce risque marqué est le plus délicat à gérer car il signale des plaques fragiles mais souvent difficiles à identifier. Au printemps, le radoucissement des températures et l’ensoleillement favorisent le tassement du manteau neigeux et le risque 2 (limité) est alors plus souvent utilisé. Il signale la plupart du temps que des avalanches de fonte peuvent se produire dans les versants ensoleillés et les pentes les plus raides mais les conditions sont généralement favorables au ski de rando.

 

L’absence de chute de neige récentes et un temps clément ne doivent pas vous dispenser de consulter le Bulletin d’Estimation des Risques d’Avalanches avant chaque sortie. De plus, cette période est sujette à de nouveaux risques comme les chutes de pierres (plus rares pendant l’hiver) lorsque que les parois dégèlent et que la neige se ramollit. Un caillou qui tombe prend rapidement de la vitesse et sa trajectoire est très difficile à évaluer. De fait, portez un casque et partez tôt pour éviter de vous exposer à ces dangers.

 

5. De nouveaux itinéraires accessibles

Montée en crampons piolet

Neige dure idéale à la montée et moquette à la descente

Enfin, le printemps est souvent synonyme de nouvelles sorties dans des endroits difficiles d’accès l’hiver. En plein hiver de nombreux itinéraires ne sont pas accessibles ou sont dangereux car ils sont très exposés aux avalanches ou souvent gelés. Pour être skiés, ils nécessitent des conditions de neige parfaitement stables ce qui peut-être rare certains hiver.

 

Lorsque le risque d’avalanche est limité, ces itinéraires « engagés » sont alors envisageables. La plupart du temps, l’approche se fait à ski le matin tôt puis la partie finale se fait en crampons / piolet sur une neige dure qui permet d’évoluer aisément avec le matériel adapté. La descente en ski se fait ensuite lorsque la neige a commencé à dégeler avec le soleil et se transforme en moquette.

 

A cette période, les services de l’entretien des routes ouvrent peu à peu de nouveaux accès restés fermés pendant l’hiver. L’ouverture de ces routes permet alors d’accéder à des itinéraires plus éloignés difficilement envisageables pendant l’hiver à moins de partir plusieurs jours. Par exemple, dans les Hautes Pyrénées, l’ouverture de la route d’Ossoue, celle d’Héas ou encore celle de la réserve du Néouvielle donnent accès à de splendides itinéraires très peu skiés pendant l’hiver.

 

Les ouvertures sont assez aléatoires car elles dépendent des conditions de neige mais également des moyens humains déployés. Renseignez-vous directement auprès des services des routes du département (ex: inforoute65) , des mairies ou surveillez les sites communautaires (skitour, camptocamp etc.).

 

 

 Neige assurée en altitude, conditions agréables, descentes excellentes, risque d’avalanches limité… maintenant vous savez pourquoi le printemps est la meilleure période pour le ski de rando. Arrêtons de penser aux prochaines vacances d’été, il y a encore du ski alors profitons en 😉

 

Adishatz et bon ski !

Alex

Skieur Pyrénéen auteur des blogs Ski Rando pour Tous et Inspyr. Ambassadeur du Community Touring Club pour partager cette passion du ski de rando et de la montagne au plus grand nombre.

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