Le matériel: comment s’y retrouver ?

Le matériel: comment s’y retrouver ?

Le ski de randonnée n’échappe pas à la règle de la plupart des sports d’hiver: il nécessite un matériel particulier. Alors avant de faire son choix entre différentes paires de skis, chaussures etc, de quoi avons-nous besoin pour faire du ski de randonnée ?

Cet article est en quelque sorte le B.A.-Ba de la panoplie du skieur de randonnée.

1. Les skis

La plupart des marque de ski se sont engouffrées dans la niche du ski de rando et offrent désormais un vaste choix de modèles. La différence fondamentale entre un ski de rando et un ski alpin classique réside dans le poids du ski. En effet, les modèles rando sont allégés afin de rendre les montées moins physiques. Parmi la myriade de modèles, voici les principales caractéristiques dont il faut prendre compte

 

– Le poids et la largeur au patin:imageskis

Pour y voir un peu plus clair, on peut distinguer 3 familles de ski de randonnée classées selon leur poids et leur largeur au patin (milieu du ski):

– Les skis hyper-légers : destinés à des skieurs privilégiant la montée avec le moins de poids possible. Très utilisés par les compétiteurs, les skis légers (<1kg / ski) sont pénalisés lorsque la poudreuse est au rendez-vous. Avec des largeurs sous le pied comprises entre 60 et 85 mm, ils nécessitent alors un très bon niveau technique pour les manier.

– Les freerando: c’est la gamme qui offre le meilleur compromis poids en montée et performance en descente. Ces skis polyvalents sont un peu plus lourds (environ 1.5kg / ski) mais seront plus adaptés à ceux qui cherchent le plaisir à la montée et à la descente grâce notamment à des largeurs sous le pied allant de 85 à environ 100mm. Cette gamme couvre la plus large palette de conditions de neige, elle conviendra bien pour une première paire de ski ou comme unique paire.

– Les fats:  exclusivement destinés à ceux qui privilégient à 200% la descente. Les fats sont des skis plus larges que les précédents et plus lourds. Ils apportent une excellente flottabilité dans les neiges poudreuses et une très bonne stabilité à grande vitesse. Néanmoins, il faudra compter avec leur poids : entre 1.6 et 1.9 kg / ski. La différence ne parle peut-être pas énorme mais en montée elle est énorme ! Réservés à de très bons skieurs en bonne condition physique ou à ceux qui privilégient de courtes montées depuis les remontées mécaniques des stations.

Notez bien qu’au delà du poids, un ski large peut être un inconvénient en montée sur des neiges dures. Il peut devenir plus compliqué de bien planter les carres afin de ne pas glisser car le ski aura tendance à se mettre à plat avec la pression de la jambe.

 

– La taille:

La mode est au ski court, mais pas que ! En effet, les technologies ont beaucoup évoluées depuis plusieurs années ce qui fait que les skis courts sont de plus en plus performants. Pour la randonnée, les skis courts sont plus faciles à manier à la montée notamment pour faire des conversions. Le pendant d’un ski court est qu’il sera moins stable à la descente notamment à grande vitesse et qu’il aura une moins bonne portance dans la neige molle. Pour des débutants ou des pratiquants occasionnels, il est recommandé de prendre une dizaine de cm de moins que la taille du skieur.

 

 

2. Les fixationstouring-skis-262026_1920

Les fixations de randonnées se distinguent de leurs cousines alpines par le réglage montée/descente. En montée, seul l’avant de la chaussure est relié à la fixation tandis que le talon est libre. Pour la descente, le talon se verrouille afin d’offrir les performances d’une fixation de ski classique.

Il existe 2 grands types de fixations de randonnée:

– les “classiques” ou fixations à plaque: Ce sont des fixations classiques de ski alpin avec un système permettant la montée. Tous ces modèles sont plus lourds (comptez entre 1.5 à 3 kg la paire) que les suivants mais offrent unimage parfait maintien en descente. et le même type de chaussage que les fixations alpines.

– les “fixations à insert”: bien plus légères que les premières (de 600gr à 1.4kg la paire), ces fixations sont composée de 2 ergots à l’avant et 2 petite barres à l’arrière qui se calent dans les inserts de la chaussure. Ces fixations nécessitent des chaussures spécifiques à inserts (2 petits trous à l’avant de part et d’autre du pied et 2 autres sous le talon arrière). Certains de ces modèles proposent des stop skis qui peuvent s’avérer très utiles en cas de chute ! Sans stop skis, les skis sont reliés à la jambe par un leash. Ces fixations ont longtemps été décriées par les skieurs qui privilégient la descente car elles n’offraient pas la même technicité et le confort d’une fixation de ski alpin. Néanmoins, l’évolution rapide des technologies en fait aujourd’hui de véritables bijoux à la descente avec un poids défiant toute concurrence. Si vous avez le choix, c’est sans doute la meilleure option à prendre même si leur utilisation demande un peu d’entrainement pour le chaussage / déchaussage.

 

 

3. Les chaussures

imageEncore une fois, les chaussures de ski de rando se distinguent de leurs cousines alpine par leur poids et leur semelle en caoutchouc. Mais cette fois un autre critère entre en ligne de compte: le débattement. En effet, elles sont articulées au niveau de la malléole pour un meilleur confort à la montée. La plupart du temps, elles possèdent des inserts pour s’adapter à ce type de fixations (Cf.Les fixations). Pour commencer, il est essentiel de privilégier les chaussures adaptées à votre morphologie qui vous offrent le meilleur confort.

 

Il existe 3 grandes catégories de chaussures (nous n’évoquerons pas ici les chaussures de compétition):

– les légères: la plupart du temps constituées de 2 crochets et d’un scratch, ces chaussures privilégient la montée. D’un poids souvent compris entre 1.1 et 1.3 kg, elles offrent un moins bon maintien du pied utile pour la descente.

– les classiques: composées de 3 crochets + un scratch, sont les chaussures les plus polyvalentes. D’un poids oscillant entre 1.2 et 1.5kg suivant les marques et les modèles, elles offrent de bon compromis poids à la montée et tenue de pieds en descente.

– les freeride: Celles-ci sont les plus rigides avec 4 cochets plus un scratch, elles offrent des performances optimales pour skier fort en descente ! En revanche, elles offriront un débattement plus faible à la montée et un poids plus élevé jusqu’à 1.9kg par pied.

 

Trouver la meilleure chaussure n’est pas une chose aisée, alors prenez votre temps lors de l’achat ou louez-en pour tester des modèles différents et vous faire votre propre avis. Retrouvez tous les conseils utiles pour bien choisir ses chaussures dans l’article correspondant.

 

4. Les bâtonsimage

Il est possible d’utiliser des bâtons classiques de ski alpin mais les skieurs de randonnée adopteront plutôt des bâtons télescopiques. Le réglage permet d’adapter sa hauteur de bâton à l’inclinaison de la pente afin d’obtenir un meilleur appui à la montée.

 

 

 

 

 

 

5. Les peaux de phoque

imageRassurez vous, elles ne proviennent pas de l’animal ! elles sont fabriquées en synthétique voir en mohair (poils de chèvres). Accessoire indispensable pour la montée, les peaux de phoques se collent sous les skis et permettent de ne pas glisser en arrière à chaque pas. Le principe est simple, l’orientation des poils vers l’arrière permet de glisser dans le sens de la montée et empêcher le ski de redescendre dans la pente. Avant de redescendre, les peaux se décollent des skis et se rangent dans le sac. Néanmoins, dès que la neige est très dure, les peaux auront tendance à mal accrocher. Il est alors essentiel de mettre les couteaux.

 

 

 

6. Les couteaux à neige

Ce sont des pièces amovibles en acier ou en alu qui se fixent sur les fixations. Ils sont articulés pour glisser sur la neige dans la phase de montée du ski et pour pénétrer dans la neige lorsque que le ski est en appui. Ils jouent en quelque sorte le rôle de crampons pour skis.

Couteaux, fixations

Les couteaux se placent sous le pied. Source : fabienibarra.net

7. La triplette sécuritaire: DVA + pelle + sonde

Ce paragraphe aurait pu être mis en premier de liste car le matériel de sécurité est absolument indispensable lors de chaque sortie en randonnée ou en hors piste. Les 3 éléments sont indissociables car il est impossible d’effectuer une recherche efficace sans ces 3 outils au fond du sac. Voyons voir de quoi il s’agit.

 

Le détecteur de victimes d’avalanche ou DVA

Le DVA est un appareil simple qui dispose de 2 modes: émission et réception. A chaque départ de sortie, le DVA doit être placé en mode émission, il envoie en permanence une onde. En cas d’avalanche, les personnes non ensevelies passent leur appareil en mode réception afin de capter l’onde de la victime. Avec une portée allant de 20 à 60 mètres, les DVA indiquent la direction à suivre et la distance à parcourir jusqu’à la victime. Il est indispensable d’investir dans du matériel récent car les anciens modèles de DVA étaient beaucoup moins efficaces. Désormais, il suffit de suivre les indications précises à l’écran (+indications sonores) et la portée est plus élevée. La facilité d’utilisation a été pensée pour gagner des secondes précieuses dans ce genre de situation mais ne vous dispense en aucun cas de vous entrainer à l’utilisation de l’appareil pour prendre de bon réflexes en cas de situation critique. Notons enfin, que le DVA doit être porté prêt du corps pour ne pas être arraché en cas de coulée de neige.

DVA Pelle Sonde

Source: MontaniaSport

 

La sonde

Une fois que le signal du DVA de la victime est au plus près, la sonde permet de localiser précisément la personne ensevelie. Toucher la victime avec la sonde est aussi une façon de dire “tiens bon, je t’ai trouvé, je vais te sortir de là”. Les sondes sont généralement d’une longueur de 2.4 mètres pour un poids modique. leur utilisation est simple mais il est important de les monter rapidement. Comme dit précédemment, l’entrainement à la recherche vous fera gagner un temps précieux grâce à une manipulation efficace du matériel.

 

La Pelle

La pelle est le dernier élément qui entre en compte dans le triptyque de sécurité. Elle est utilisée une fois la victime localisée avec la sonde afin de la dégager. Il existe différents types de pelle (alu, carbone, plastique…) avec des tailles de godets variables. Il est préférable de ranger la pelle dans le sac pour éviter de la perdre. Choisissez un modèle compatible avec votre sac (ou inversement).

 

8. Les crampons et le piolet

Crampons , Piolet

Source: AtitudeRando

 

Les crampons et le piolet sont généralement réservés à la pratique de l’alpinisme mais ils sont souvent utilisés en ski de rando. Il permettent de passer sereinement des passages en neige dure voire glacée (souvent près des crêtes et des sommets en raison de l’action du vent). Lorsque que l’on met les crampons, les skis sont accrochés au sac ainsi qu’un ou deux bâtons selon les préférences de chacun. Les crampons peuvent également servir en cas de perte d’un ski après une chute par exemple. Si  la neige est dure ou la pente trop raide, il peut être très délicat de redescendre en chaussures. Les crampons apportent ainsi plus de sécurité.

Néanmoins, le piolet et les crampons sont réservés à des randonneurs aguerris. Ce matériel n’est pas indispensable au début, en revanche il faut savoir renoncer en cas de neige trop dure !

 

 

 

9. Le sac Airbag image

Les sacs avec airbag servent à maintenir une personne en surface en cas d’avalanche. Deux ballons se gonflent lorsque le skieur tire sur la poignée reliée à une petite cartouche de gaz. Les sacs airbags se démocratisent de plus en plus (bien qu’il soient encore assez chers) car ils apportent une sécurité supplémentaire et ont prouvé leur efficacité à de nombreuses reprises. Néanmoins, disposer d’un sac airbag ne dispense pas du matériel de sécurité habituel (DVA + sonde + pelle) et de la formation sur la gestion des risques d’avalanches.

 

 

 

10. Le casque

Le casque de ski n’est pas utile que sur les pistes ! En randonnée, il vous protègera en cas de chute sur des terrains accidentés (les cailloux peuvent être proches parfois!) ou au printemps contre les chutes de pierres au moment du dégel. Les casques de ski classiques peuvent être utilisés car ils sont très efficaces et confortables mais aussi assez encombrant et lourds (entre 400 et 700 grammes). Privilégiez un casque d’alpinisme beaucoup plus léger (<200 grammes).

 

 

 

 

Voila les grandes spécificités du matériel indispensable de ski de randonnée. Pour le débutant ou le pratiquant occasionnel, l’option de la location est judicieuse car elle permet de tester différentes gammes de matériel. De plus en plus de professionnels de la location proposent également le matériel indispensable de sécurité : détecteur de victimes d’avalanche, pelle et sonde.

Et vous de quels conseils matériels auriez-vous besoin ? Posez vos questions dans les commentaires.

Adishatz !

Alex

Skieur Pyrénéen auteur des blogs Ski Rando pour Tous et Inspyr. Ambassadeur du Community Touring Club pour partager cette passion du ski de rando et de la montagne au plus grand nombre.

Laisser un commentaire